Ce mardi 6 mars 2021, en séance publique durant les questions au Gouvernement, j’ai interpellé Olivier Véran, Ministre de la Santé, concernant la reconnaissance en pratique avancée des infirmiers anesthésistes.

L’évolution du statut d’infirmier anesthésiste vers la pratique avancée est soumise à la réalisation d’un rapport. Or, des rapports il y en a déjà eu beaucoup qui préconisent une telle évolution.

Les professionnels de santé ne demandent rien d’autre qu’une adéquation de leur profession avec les besoins de la société. La sortie de la crise sanitaire est conditionnée essentiellement à une chose : la capacité de notre système de santé à prendre en charge les personnes malades, ce que les médias appellent le « taux d’occupation en réa ». Mais aucune réanimation ne peut fonctionner sans soignants et les qualifications ne sont pas interchangeables car la réa demande des compétences longues à acquérir. Seuls les IADE ont une formation qui leur permet d’être rapidement opérationnels en réanimation.

C’est pourquoi l’une des clés, majeure, de la sortie de crise, est le respect et la reconnaissance des professionnels de santé.  Alors que nous avons besoin de cohésion et d’union pour faire face à l’épreuve que nous traversons, l’incompréhension devant cette suppression est totale et nous nous mettons à dos toute une profession qui, pour autant, continuent à répondre présente malgré la fatigue physique et morale.

Jamais, les difficultés technocratiques ne doivent prendre le pas sur les nécessités humaines.

J’ai donc demandé au Ministre un calendrier précis détaillant les grandes étapes pour la reconnaissance en pratique avancée de la profession d’infirmier anesthésiste et au travers de quel texte pourront nous enfin porter l’évolution des professions de santé dans leur globalité ?

En réponse, le Ministre de la Santé Olivier Véran a réaffirmé que les infirmiers anesthésistes (IADE) sont des infirmiers avec spécialité. Les infirmiers anesthésistes et les infirmiers en pratique avancée (IPA) sont deux champs d’évolution distincts. L’IPA n’est pas supérieur statutairement à un infirmier avec spécialité. L’IPA est un infirmier qui développe des qualifications particulières qui le rende autonome vis-à-vis du médecin prescripteur et lui permette de pouvoir disposer de compétences propres. Les IADE, de par leur spécialité, ont déjà des compétences qui leur sont propres et sont irremplaçables. La réelle demande formulée est celle d’une reconnaissance. Avec le Ségur, les infirmiers ont eu la plus grosse revalorisation de salaire de toute l’histoire de la profession. Le Parlement a voté une mission d’information qui permettra de déterminer les conditions d’évolution de l’ensemble des professions infirmières et notamment des IADE.

En retour, j’ai pu brièvement faire part de mon insatisfaction devant cette réponse qui n’engageait en rien le gouvernement vers cette évolution nécessaire et souhaitée.

Dans le cadre des affaires sociales, une mission flash commence dès demain sur la « réingénierie de la formation des paramédicaux permettant une cohérence avec le système Licence-Master-Doctorat et offrant une évolution vers les pratiques avancées » et cette question de reconnaissance sera à nouveau mise en avant.