Pourquoi j’ai voté le plan de déconfinement

Le Premier ministre a présenté ce 28 avril devant l’Assemblée nationale le plan de déconfinement post-11 mai proposé par le Gouvernement.

La patience dont font preuve les citoyens et les soignants en cette période de crise sanitaire explique combien le débat et le vote sur le plan de déconfinement étaient attendus. Au fil des différentes annonces et contre-annonces, un débat et un vote sur l’application de tracking StopCovid ont été prévus, puis annulés, puis repoussés à plus tard. Opposée par principe à ce dispositif, notamment pour ses risques en termes de confidentialité, il convient à tous, et même au Premier ministre, de reconnaître que cet outil n’est pas au point.

Le Premier ministre a, au cours de son discours, fait de nombreuses annonces allant dans le sens d’un déconfinement progressif et différencié du pays, sur lesquelles je ne reviens pas ici. J’ai bien entendu ces annonces et mettrai tout en œuvre pour accompagner les français dans l’exécution de ce plan dans la mesure de mes moyens parlementaires.

Edouard Philippe a longuement abordé le sujet sensible des masques. Les risques de pénurie de masques de protection semblent derrière nous et ces derniers devront être accessibles aux soignants comme aux autres citoyens. Je tiens à saluer la décision de rendre obligatoire du port du masque dans les transports publics et les établissements scolaires qui seront, nous le savons, des lieux particulièrement à risque après le 11 mai. Nous pouvons cependant regretter le fait que Premier ministre soit resté si flou concernant le port du masque dans toutes les autres situations.

Je regrette également la manière dont se sont déroulés ces annonces et ce vote. Si le Gouvernement n’était pas constitutionnellement tenu à demander l’avis de l’Assemblée nationale sur le plan de déconfinement, comme le rappelle le Premier ministre, elle reste l’instrument du principe démocratique et républicain en France. N’en déplaise au Gouvernement qui peut, depuis 2017, travailler main dans la main avec une majorité absolue au Palais Bourbon. Il est à ce titre très dommageable que cette institution puisse être taclée de « café du commerce ».

Malgré des profonds désaccords sur la forme et l’attente de précisions concernant certaines mesures, voter contre ce plan de déconfinement n’aurait fait que fragiliser davantage l’unité nationale, pourtant si nécessaire pour que le pays puisse efficacement préparer et mettre en œuvre le déconfinement. Voilà pourquoi j’ai voté pour.