La crise mondiale provoquée par l’épidémie de Covid-19 est un cataclysme économique, sanitaire et sociétal tant à l’échelle nationale qu’internationale.

Mais elle aura permis de mettre en lumière ce sur quoi les scientifiques, les écologistes s’évertuent à nous alerter sans être entendus : notre dépendance à certains pays, la Chine en particulier, dans des secteurs où il n’y a pas si longtemps encore nous étions autonomes comme la production pharmaceutique, l’industrie de la communication ou l’exploitation minière ;

Notre conditionnalité à un système financier ne se décline plus que sous ses facettes assurantielles et bancaires et non plus dans une vocation d’investissement, de prise de risques et d’accompagnement. Le libre-échange a réussi à dévoyer une de nos valeurs les plus fondamentales, la liberté, en accordant aux biens ce qui devrait être notre exclusivité et ainsi en nous aliénant au consumérisme.

Les alertes sont là, plus visibles que jamais. La Crise n’est plus une possibilité, une éventualité, on la touche du doigt désormais. Saura-t-on cette fois enfin les entendre ?

Face à cette urgence de santé publique internationale, l’inanité de beaucoup de nos comportements est mis en valeur.

Cette crise sanitaire rétablit, dans le bon ordre, les besoins élémentaires de la pyramide de Maslow : souveraineté alimentaire ; sécurité sanitaire ; indépendance économique ; production locale pour emploi de proximité ; besoin de réinventer le lien social et le vivre-ensemble.

Nous ne pourrons y répondre qu’avec la participation de chaque acteur mais, surtout, avec notre agriculture.  Elle est la garante de la qualité de notre alimentation, de notre sécurité alimentaire, de notre gestion de la ressource eau, de l’aménagement de nos territoires, de la préservation de nos écosystèmes et des sols et de notre capacité à lutter contre le changement climatique.

S’engager (vraiment !) dans la transition écologique impliquera un changement profond dans nos modes de vie y compris dans nos loisirs. La culture, le sport, les déplacements et le tourisme font parti des secteurs les plus touchés par l’impact économique de l’épidémie et l’on sait déjà que pour ces secteurs, plus rien ne sera comme avant.

L’épidémie du Covid-19 nous apprend aussi autre chose : l’Autre, celui des guerres, des déplacements de réfugiés, de l’horreur qui côtoie l’abomination n’est pas seulement une fiction, il nous concerne toutes et tous nous pouvons être cet Autre un jour. L’humanité et la fraternité doivent redevenir les moteurs des politiques d’asile et d’immigration.

Les 13 et 14 mars prochains, lors de la marche pour le climat, notre jeunesse nous rappellera encore et encore que la seule vraie urgence est devant nous tous, que chacun d’entre nous est concerné et que nous pouvons tous agir. Ecoutons-les en tirant les leçons que nous apporte cette pandémie.

Car Les solutions nous les connaissons : amplifier l’action écologique, renforcer la solidarité et la cohésion sociale de nos territoires jusqu’aux échelons les plus éloignés (national, européen, international), et affirmer la modernité de notre ruralité car elle « offre un carrefour de progrès salvateur qui doit, comme la ré-industrialisation et les souverainetés technologique et numérique, et l’éducation, devenir l’une des grandes causes stratégiques de notre pays »[1]

 

[1] « L’incroyable modernité de la nouvelle ruralité, vraie chance de croissance pour la France », Jean-Christophe Gallien, La Tribune, 03/03/2020