RETRAITES

 Annie Chapelier regrette l’utilisation du 49-3

La semaine dernière, au travers d’une tribune signée avec plusieurs de mes collègues, je me suis exprimée contre l’utilisation du 49-3 sur le projet de loi portant sur la réforme des retraites, invitant le gouvernement à chercher d’autres voies et proposant la suspension du projet.

En effet, une réforme d’une telle ampleur ne peut faire l’impasse sur la consultation des parties prenantes, le temps de la réflexion et du travail et surtout, le dialogue démocratique, exercé par les représentants directs des citoyens que sont les députés. C’est pourquoi je regrette que ce temps parlementaire nous ait été volé, d’abord par l’obstruction parlementaire des oppositions nous entraînant dans une histoire sans fin puis par une procédure constitutionnelle gouvernementale imposée.

La réforme des retraites se doit d’être une avancée sociale majeure. Elle se doit de prendre en compte de nouveaux paramètres tels que l’espérance de vie en bonne santé ou les composantes démographiques. La conquête sociale n’est jamais un acquis, c’est un continuum, elle doit évoluer avec notre époque et nous devons la défendre et la réadapter sans cesse.

Elle est l’occasion de réinterroger le travail sur sa place et son rôle dans notre société, comme lieu de réalisation, d’accomplissement, de socialisation.

Elle doit permettre aux entreprises et aux travailleurs de réfléchir ensemble à l’avenir professionnel de chacun en prenant en compte la prévention, la formation, les réorientations et les cessations progressives d’activité.

Elle se doit surtout de corriger ces injustices indignes de notre société que des choix successifs inopportuns ont créé et je pense bien sûr aux retraités agricoles qui après une vie de labeur survivent avec des pensions inférieures au minimum vieillesse.

L’utilisation inédite du 49-3 utilisé ici pour la première fois pour interrompre l’étude d’un texte jugé trop long et non pour pallier à une majorité insuffisante ne sera pas la fin du débat démocratique.

Le gouvernement a repris certaines avancées proposées par les parlementaires et les partenaires sociaux mais cela reste insuffisant dans la prise en compte de la pénibilité, des carrières longues et dans les propositions pour corriger les retraites actuelles inférieures au minimum vieillesse. Les prochains examens du texte se devront d’être à la hauteur des enjeux du XXIème siècle et de ses défis sociétaux, environnementaux et démographiques.

Dans ce contexte, je prendrai mes responsabilités et continuerai mon travail de parlementaire de manière constructive.