La déclaration suivante exprime les raisons qui ont conduit à me retirer du mouvement La République En Marche.

Je reste, cependant, apparentée à la majorité parlementaire. 

 Déclaration 

« En ce jour, 20 janvier 2020, je présente ma démission du mouvement La République en Marche. Je reste dans la majorité parlementaire en étant désormais apparentée LREM.

  • De ma démission du mouvement LREM

Je ne me reconnais plus en rien dans ce mouvement. Mon engagement auprès du président de la République reste total, c’est pourquoi je choisis de quitter la République en Marche, parti dans lequel ne se retrouve plus aucune des valeurs qui ont été à l’origine de mon engagement. Alors que nous sommes venus pour changer les pratiques, renouveler la vie politique et mettre en œuvre une véritable intelligence collective dans un climat de bienveillance, nous avons vu se construire un mouvement hors sol, indifférent aux territoires et clivant les députés en deux groupes : d’un côté des apparatchiks, petits chefs plus ou moins autoproclamés et, de l’autre, une masse, insignifiante à leurs yeux à qui on demande une allégeance et une obéissance aveugles. Cette dichotomie se décline dans chaque périmètre, local, départemental, national et parlementaire.

Pour faire une analogie littéraire, nous avons vu de nombreux petits cochons apparaître abusant de l’engagement entier et désintéressé des nombreux chevaux de labour, envoyés à l’abattoir sans état d’âme. Bref, je préfère être la chèvre, en retrait, observant mais n’en pensant pas moins.

  • De l’écologie comme priorité

L’urgence, la seule aujourd’hui est climatique, écologique.

La planète se meurt doucement sous nos yeux dans une indifférence parlementaire. Notre jeunesse nous alerte sans être entendue. Le monde, et pas seulement la France, est dans une zone de turbulence inestiméess  et incontrôlées.

Nous sommes à mi-mandat et je me refuse à me résigner. Je ne peux cesser de rappeler où me paraissent les priorités pour des enjeux politiciens. Car justice sociale et transition écologique sont intimement mêlées. Chacun des projets de loi se devrait d’être traduit à l’aune de cette transition écologique, de l’enjeu environnemental, de l’urgence climatique, même celui des retraites où des paramètres tels que la démographie nationale et mondiale où l’espérance de vie en bonne santé liée à la qualité de notre environnement, sont totalement occultées.

Alors que la cohérence devrait être notre fil conducteur, les lois sont étudiées en silos et parfois en contradiction. Constamment l’économique est mis en opposition avec l’écologique et le choix est toujours le même. Nous gagnerions à rechercher cette cohérence, ne serait-ce que pour mieux nous faire comprendre…

  • Du fonctionnement de notre groupe

Quant à notre groupe, il n’a pas su utiliser l’immense richesse que chacun d’entre nous apportait. A nos mots moteurs de la campagne : « oser, faire un pas de côté, bienveillance, intelligence collective », on a préféré le ronron des institutions, la ouate des habitudes, le conformisme, la mesquinerie, l’entre-soi.

Alors que nous aurions dû nous élargir sans cesse (ne sommes-nous pas un mouvement nouveau ?), le groupe s’est refermé sur lui-même, allant même à se résumer à quelques-uns, ignorant les compétences, l’expertise, l’engagement de la plupart d’entre nous, incapable de créer des espaces de dialogue.

Emmanuel macron aurait-il voulu une assemblée paritaire, plus représentative de la société française qu’elle ne l’a jamais été simplement pour faire vitrine ? Aurait-il permis à huit infirmières de siéger dans l’hémicycle pour continuer à confier encore et toujours les travaux sur le système de santé à des médecins ? Je ne le pense pas.

J’ai quitté une vie qui était ce qu’elle était pour m’engager auprès du Président de la République. Je l’ai suivi pour un programme qui portait des valeurs que j’attendais depuis longtemps. Je ne retrouve plus ces valeurs dans la mise en œuvre de ce programme, c’est pourquoi je me mets désormais en retrait du groupe LREM à l’assemblée en y étant apparentée, continuant le travail avec le groupe mais légitimant mes prises de position assumées et ma liberté de parole ».