COMMÉMORATION DU 11 NOVEMBRE 2019

 

Il y a 101 ans, jour pour jour, le 11 novembre 1918 la Première Guerre Mondiale prenait fin. L’armistice marquait la fin de quatre longues années de guerre durant lesquelles 65 millions d’hommes furent mobilisés.

A cela s’ajoute le lourd bilan d’après-guerre :

10 millions et demi de morts

6 millions de blessés

3 millions de veuves

6 millions d’orphelins.

Et des millions de victimes civiles.

Voilà ce que fut la guerre.

Alors si aujourd’hui, nous célébrons la victoire et la liberté, nous célébrons, également, la mémoire, de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui se sont battus au nom de la patrie et qui ont perdu la vie pour que nous puissions vivre libres.

Durant 4 ans 3 mois et 14 jours, la France s’était enfoncée dans d’effroyables combats. Nos soldats ont accepté toutes les souffrances. Ils ont connu l’enfer. Et les femmes engagées auprès des combattants ont acquiescé à tous les sacrifices.

Dès le lendemain de l’armistice commença le macabre recensement des disparus. Pendant plusieurs mois, les familles n’ont cessé d’espérer le retour d’un père, d’un mari, d’un compagnon, d’un frère, d’un fils, d’un ami…

Les millions de morts et de blessés témoignèrent de l’horreur de la Grande guerre. Des milliers de témoins dénoncèrent la réalité terrifiante de cette guerre totale : l’éloignement, la peur constante de mourir des hommes, la puanteur des tranchées, les cris des soldats, la douleur des blessés, le bruit assourdissant des obus, la désolation des champs de bataille, la dévastation des habitations.

L’humanité, toute entière, prit conscience de l’ampleur des conséquences de ces combats meurtriers. Aux armes des combattants succéda les larmes des survivants. Sortie de la guerre, le monde entier entra dans un deuil profond.

Ces blessures, ces souffrances, ces morts, nous ne devons jamais les oublier.

La France n’oublie pas non plus tous les alliés qui se sont battus à ses côtés pour elle, tous les hommes qui sont venus mourir, seuls, sur le sol français loin de leurs familles.

Elle n’oubliera jamais le sang versé par les jeunes hommes venus d’Afrique du Nord, d’Afrique Noire, de Madagascar, d’Indochine.

Elle n’oubliera jamais les soldats anglais, écossais, irlandais qui se battirent sur son sol comme ils se seraient battus sur le sol de leur propre patrie.

Elle n’oubliera jamais les soldats américains, canadiens, australiens, néo-zélandais, indiens tombés si loin de leur pays pour défendre sa liberté.

Elle n’oubliera pas non plus les soldats italiens, belges, luxembourgeois, portugais, grecs, serbes, monténégrins, roumains, russes qui se sont battus à ses côtés avec la même force, et qui ont consenti aux mêmes actes et aux mêmes sacrifices au d’un nom seul principe celui du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Les traces de cette tragédie ne se sont jamais dissipées ni sur les terres de France, ni sur celles de l’Europe et du Moyen-Orient, ni dans la mémoire et le cœur des familles partout dans le monde.

Sans rien oublier, chaque nation rend à ses héros l’hommage qu’elle leur doit, chacune se souvenant que cette guerre fait partie de son histoire, qu’elle en fut un moment terrible mais fort.

Rappelons-nous, les mots lourds d’émotions prononcés devant la chambre des représentants par Georges CLEMENCEAU, Président du Conseil, lors de la séance du 11 novembre 1918 :

« Honneur à nos grands morts qui nous ont fait cette victoire !

Nous pouvons dire qu’avant tout armistice, la France a été libérée par la puissance de ses armes, et quand nos vivants, de retour sur nos boulevards, passeront devant nous, en marche vers l’Arc de Triomphe, nous les acclamerons.

Qu’ils soient salués d’avance pour la grande œuvre de reconstruction sociale.

Grâce à eux, la France, hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, sera toujours le soldat de l’idéal. »

Dès 1918, nos ancêtres ont porté la volonté de bâtir la paix entre les pays. Malheureusement, il a fallu une seconde tragédie naît tacitement de l’esprit de revanche et nourrit de la crise économique pour créer un sursaut de la conscience universelle.

C’est sur le sang versé par les soldats de la Grande Guerre et de la Seconde Guerre, sur le témoignage de ce qu’ils ont enduré, sur le sort tragique des millions de victimes, que s’est construit le grand rêve de fraternité humaine, le grand rêve de paix, de la liberté, de démocratie, d’égalité, de respect des droits de l’Homme et de l’Etat de droit.

« In varietate concordia » (Unis dans la diversité) est la devise dont nous nous sommes dotés pour mener le seul combat qui vaille : le combat de la paix. Cet équilibre si fragile est un engagement de tous les jours dans toutes nos interactions. C’est un tissage perpétuel de relations chaleureuses.

En ce 11 novembre 2019, je veux rendre hommage à tous ces Hommes qui ont fait preuve d’un héroïsme sans faille et qui ont combattu dans l’honneur et la dignité.

 

Vive la République !

Vive la France !