Contexte :

  • Gaspard Glanz, journaliste indépendant, a été interpellé samedi lors d’une manifestation des gilets jaunes et placé pendant 48h en garde à vue, pour «participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations» et « outrage sur personne dépositaire de l’ordre public », pour avoir fait un doigt d’honneur à un policier.
  • Il a été déféré lundi en fin d’après-midi devant le juge, qui a décidé d’une convocation le 18 octobre devant le tribunal l’a interdit de paraître à Paris tous les samedis jusqu’à l’audience, ainsi que le 1er mai.
  • Dans les médias et sur les réseaux sociaux, de nombreuses voix se sont élevées pour condamner cette arrestation. Dans un communiqué publié ce soir sur Twitter, 17 Sociétés des Journalistes et Sociétés des rédacteurs ont notamment fait part de leur soutien à Gaspard Glanz, estimant qu’il était « empêché de faire son travail de journaliste ». Leur communiqué pointe également le chiffre de « 79 journalistes victimes de violences policières depuis le début du mouvement [des gilets jaunes] » (selon le décompte du journaliste David Dufresne)  et dénonce un « silence assourdissant du ministre de la Culture face aux plaintes répétées des journalistes ».
  • Le Gouvernement est évidemment profondément attaché à la liberté d’informer, qui est un pilier de notre démocratie. C’est la raison pour laquelle, après une rencontre avec les représentants des organisations syndicales le 30 novembre dernier (proposée à la suite des violences contre les journalistes de la part de manifestants), le ministre de l’Intérieur avait demandé aux forces mobilisées dans les manifestations de prévoir l’accueil systématique des journalistes le souhaitant à l’arrière des dispositifs, afin de les protéger.
  • Pour autant, les journalistes sont comme tous les citoyens français, ils ne sont pas au-dessus des lois. Dès lors qu’un comportement délictueux est constaté, c’est normal qu’il soit poursuivi.
  • Dans le cas de M. Glanz, il a commis des gestes injurieux (doigts d’honneur) en direction des policiers, ce qui constitue un outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, délit passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende (article 433-5 du code pénal). C’est pour ce délit que le juge a décidé de le convoquer au tribunal le 18 octobre prochain et de l’interdire de paraître aux manifestations jusque-là.
  • On n’est pas dans la répression de la liberté de la presse, on est dans l’application de la loi.