Contexte : 

  • 28 policiers se sont suicidés depuis le début de l’année, dont 2 hier (jeudi 18 avril). C’est une forte augmentation : sur toute l’année dernière, il y en a eu 35.
  • Face à cette situation, l’ensemble des syndicats de police a appelé à des rassemblements ce matin, à la veille d’un samedi où la mobilisation des gilets jaunes est annoncée forte.

Face à la hausse du nombre de suicides de policiers, quelle réponse apporte le Gouvernement ? 

  • Le suicide est un drame individuel mais aussi un échec collectif. Nous ne pouvons pas renvoyer ces suicides à la seule « sphère privée » :
  • D’abord parce que les causes d’un tel acte sont toujours complexes et entremêlées : nous ne devons ignorer aucun facteur ;
  • Ensuite, parce que, dans ces facteurs, nous ne pouvons nier la pression professionnelle, l’exigence de l’engagement du métier de policier : derrière la passion de l’uniforme, il y a aussi la pression de l’uniforme ;
  • Enfin, parce que l’institution policière se doit d’être aux côtés des hommes et des femmes qui la composent et qui font sa force.
  • Le Gouvernement est donc déterminé à mieux « protéger ceux qui nous protègent» (C. Castaner, déclaration, 12/04/2019).
  • Depuis mai 2018, un programme de mobilisation contre les suicides a été mis en place. Il vise :
  • à répondre à l’urgence (formation à la détection des signaux d’alerte, mise en place d’un dispositif d’alerte, prévention de la récidive) ;
  • à prévenir les situations de fragilité (guichet d’accompagnement des blessés, suivi des agents malades)
  • à agir sur le collectif au travail (management de proximité, soutien des policiers mis en cause, développement de la pratique du sport et des activités de cohésion avec un budget dédié d’1 M€)
  • Pour accélérer encore, une cellule « alerte prévention suicide » pour la police nationale sera en place dès le 29 avril. Elle sera dirigée par une inspectrice générale de l’administration spécialiste reconnue de la question, qui aura à ses côtés un officier de police et un psychiatre. Elle aura pour mission d’élaborer et de déployer un plan d’action global.
  • Sans attendre, le ministre de l’Intérieur a annoncé la semaine dernière plusieurs mesures, entre autres :
  • un numéro de téléphone disponible 24 heures sur 24, avec un psychologue au bout du fil ;
  • les signalements et les alertes seront facilités ; le ministre a rappelé notamment le rôle qu’il attendait du commandement ;
  • des campagnes de formation et de sensibilisation seront organisées sur le terrain.
  • Enfin, les efforts soutenus du Gouvernement en termes de recrutements (10 000 postes de policiers et gendarmes sur le quinquennat), d’organisation du travail, de rénovation des équipements et de l’immobilier, sont autant de moyens d’améliorer dans la durée la condition d’exercice du métier de policier.