Plusieurs articles de presse ont fait état d’une baisse de 57 millions d’euros des crédits pour l’hébergement d’urgence. La réalité est autre. Le Gouvernement a augmenté de 268M€ les crédits en faveur de l’hébergement d’urgence entre 2017 et 2019. Ces données sont publiques et accessibles à tous, au travers notamment des documents budgétaires relatifs à l’année 2019.  

L’hébergement des plus fragiles est un enjeu majeur de solidarité nationale. Le Gouvernement en a fait une priorité dès son installation. Ainsi, entre la loi de finances initiale pour 2017 et la loi de finances initiale pour 2019, les crédits du programme budgétaire 177 « hébergement d’urgence » ont augmenté de 15% pour atteindre près de 2 milliards d’euros. Cette augmentation se fait à périmètre constant (y compris les crédits consacrés aux centres d’hébergement d’urgence pour migrants). Jamais aucun Gouvernement n’avait fait autant en la matière.

Comment sont utilisés ces deux milliards d’euros de crédits de l’Etat ? 

  • Ils servent d’abord à ouvrir plus de places pour mettre à l’abri les plus démunis. Le ministre de la Ville et du Logement Julien DENORMANDIE souligne que « Le président de la République a demandé à ce qu’une solution adaptée soit trouvée pour toute personne en détresse. Pour cela, nous agissons avec humilité et détermination car le défi est immense. L’État finance 136 000 places en moyenne ouvertes tous les jours. L’action est encore plus renforcée en hiver. Ainsi, au 24 février, avec le renfort des places hivernales, l’Etat finance 149 000 places contre 133 000 à la même période en 2017 il y a deux ans. Le Gouvernement continuera d’amplifier cet effort sans précédent car il y a encore des milliers de gens qui sont en détresse dans la rue »
  • L’hébergement est une compétence de l’Etat qui assume ses responsabilités mais il n’agit pas seul. Il travaille en étroite coordination avec les collectivités qui mettent à disposition des locaux et les associations qui organisent des maraudes et gèrent les centres d’hébergement. Ainsi, une très grande majorité des crédits de l’hébergement d’urgence finance le travail essentiel réalisé par des associations.
  • L’Etat s’est fixé par ailleurs deux grandes priorités. D’une part, aller à la rencontre des publics les plus éloignés avec le développement des maraudes. 5M€ sont affectés en 2019 en ce sens. D’autre part, sortir le plus rapidement possible les personnes vers le logement, condition première de leur insertion. C’est l’enjeu du Logement d’abord. En 2018, grâce à l’effort fait sur le développement du parc de logements et à la rotation dans ces dispositifs, 70 000 personnes à la rue ou hébergées sont sorties vers le logement social, le logement adapté (pensions de famille) ou le parc privé via l’intermédiation locative. Cette action sera encore accentuée en 2019 avec près de 5M€ consacrés aux sorties de nuitées hôtelières en Ile de France et 5M€ supplémentaires fléchés sur des actions d’accompagnement vers et dans le logement dans les territoires de mise en œuvre accélérée du Logement d’abord.

La détermination du Gouvernement pour l’hébergement d’urgence est donc totale. Cet effort de la Nation, dans un cadre budgétaire contraint, nécessite en contrepartie une attention particulière pour garantir le meilleur usage des moyens engagés et la transparence des attributions vis-à-vis des Français. C’est pourquoi :

  • Sur la campagne hivernale, un plan d’action a été bâti en lien avec les associations dès la rentrée pour anticiper et repérer le maximum de places mobilisables à des coûts maîtrisés. L’Etat a par ailleurs un devoir d’exemplarité. C’est pourquoi, pour la première fois, des sites emblématiques de l’Etat ont été mobilisés pour héberger des SDF : l’ilot Saint-Germain dans le 7e arrondissement de Paris (ministère des Armées), l’INSEP à Vincennes (ministère des Sports), les anciens locaux de l’INSEE à Malakoff (ministère de l’Action et des Comptes publics) ou encore l’ancien ministère du Logement (hôtel de Castries à quelques mètres de Matignon) ;
  • Sur les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), qui constituent une composante majeure du parc pérenne de l’hébergement d’urgence avec 40 000 places, on constatait une très forte hétérogénéité dans les crédits attribués aux structures. C’est pourquoi, en 2018, le Gouvernement a mis en place des tarifs harmonisés pour garantir un financement égal à prestations égales. En fonction des prestations offertes, l’Etat finance ainsi un accompagnement allant de 8626€ à 20 551€ par personne par an. Les économies liées à cette réforme, dans un budget global dédié à l’hébergement d’urgence en hausse nette, étaient estimées en 2018 à 57M€ sur 4 ans dont 20M€ en 2018 et 12M€ en 2019. Cependant, conscient des efforts demandés à certaines structures, le Gouvernement a fait le choix en 2019 de limiter la baisse à 2M€ et d’avoir une attention particulière pour les centres accueillant des publics spécifiques, et d’abord les femmes victimes de violence. Il n’y aura donc pas de baisse de 57M€ des crédits attribués aux CHRS. Par ailleurs, les CHRS bénéficieront dès cette année des allègements de cotisations salariales à une hauteur globale estimée à 17M€.