Intervention lors de la discussion d’une proposition de loi sur l’Avenir de la Santé par Les Républicains

🏛️ Suite au dépôt d’une proposition de loi sur l’Avenir de la Santé par Les Républicains, je me suis prononcée dans l’hémicycle sur ce travail, qui bien que de qualité je le reconnais, reste bien moins ambitieux que la réforme du système de santé que nous avons lancé, et lui ressemble aussi par bien des aspects.

🏥Parce que la santé dépasse la frontière du champ médical, je me suis exprimé surtout sur le volet paramédical de la proposition de loi.

🚫Ils proposent de créer une conférence pédagogique pour mettre en cohérence les parcours de formation en favorisant les échanges entre les professionnels de santé.

Il s’agit ici purement et simplement de la mission d’Universitarisation des formations mise sur pied par Mesdames les ministres Buzyn et Vidal en août 2017.
Une concertation qui a engagé l’ensemble des acteurs, étudiants, formateurs, universités, professionnels, collectivités territoriales pour préciser les étapes des formations paramédicales et de maïeutique. Avec toujours pour principe directeur de repenser l’interprofessionnalité.

🚫La proposition de loi entend créer le statut d’infirmier en pratique avancée.

Or, depuis le 18 juillet 2018, 2 décrets et 3 arrêtés posent les cadres structurants de l’exercice en pratique avancée dans le cadre du parcours de soins des patients et du travail en équipe.
La pratique avancée a toujours été sur une ligne de crête entre des acteurs ne souhaitant pas « aller trop loin » et d’autres acteurs considérant que « ce n’est pas assez », et je suis fière de faire partie de cette majorité qui a su concilier les acteurs sur une ligne commune et concrétiser enfin l’IPA, qui est une innovation majeure.

 

 

Voici le texte prononcé :

Merci Monsieur le Président,

Madame la Ministre, Monsieur le rapporteur, chers collègues.

Monsieur le rapporteur, comme vous le savez, si notre système de santé est l’un des plus performants au monde, il est toutefois confronté aujourd’hui à des défis nouveaux et votre proposition de loi met au cœur du débat ces problématiques qui nous concernent tous.

la santé ne se réduit pas au champ médical, c’est ce sur quoi je souhaiterais porter aujourd’hui mon propos.

Vous consacrez effectivement un chapitre à la réforme des études paramédicales, un chapitre que j’ai regardé avec attention et qui m’étais étonnamment, je dois l’avouer, assez familier puisqu’il s’inscrit dans l’orientation que le Gouvernement et notre majorité parlementaire ont donné à ce volet dans notre stratégie de santé.

Vous préconisez, Monsieur le rapporteur, de créer une conférence pédagogique pour mettre en cohérence les parcours de formation en favorisant les échanges entre les professionnels de santé, c’est pourtant cette direction que nous avons donnée depuis déjà près d’un an à nos travaux.

Face aux défis actuels du vieillissement de notre population, du développement des maladies chroniques et de la persistance d’inégalités territoriales dans l’accès aux soins, nous avons acté que la qualité de notre système de santé ne peut que reposer sur la coopération entre les différents professionnels et nous y travaillons :

  • Favoriser la transversalité par des temps communs de formation et une mutualisation des enseignements, c’est ce que nous avons engagé.
  • Rapprocher les cursus paramédicaux et universitaires pour faciliter une meilleure reconnaissance des parcours et les poursuites des études, c’est ce que nous sommes déjà en train de faire.
  • Bâtir des métiers intermédiaires et restructurer l’offre de formation pour répondre aux besoins, cela s’inscrit déjà dans la continuité de la loi Orientation et Réussite des étudiants que nous avons voté.

Vous évoquez l’intégration des formations paramédicales dans le parcours licence, master, doctorat, il s’agit ici purement et simplement de la mission d’Universitarisation des formations mise sur pied par Mesdames les ministres Buzyn et Vidal en août 2017.

Une concertation qui a engagé l’ensemble des acteurs, étudiants, formateurs, universités, professionnels, collectivités territoriales pour préciser les étapes des formations paramédicales et de maïeutique. Avec toujours pour principe directeur de repenser l’interprofessionnalité.

Les résultats sont tangibles et déjà là :

Depuis la rentrée 2018, l’accès aux instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) se fait via Parcoursup, mettant ainsi un terme à un concours injuste, venant supprimer des coûts d’inscriptions et de déplacement discriminants et venant porter une intégration pleine et entière de nos infirmiers à l’Université.

Toujours depuis la rentrée 2018, le service sanitaire que vous appelez d’un autre terme dans votre proposition de loi, a été acté et généralisé à l’ensemble des acteurs de la santé et promeut ainsi des projets interprofessionnels et en commun.

Vous le voyez bien Monsieur le rapporteur, le Gouvernement et la majorité semblent avoir anticipé le projet des républicains, vous être en train de féconder l’œuf, nous avons déjà donné la vie à ce projet.

Et des exemples j’en ai encore Monsieur le Rapporteur.

Dans votre article 12, vous créez le statut d’infirmier en pratique avancée, mais malheureusement je suis forcée de vous dire que les républicains n’en ont pas le brevet, cette spécialisation étant dans les tiroirs depuis une dizaine d’année sans que vous ayez eu le courage de la porter quand vous le pouviez.

Depuis le 18 juillet 2018, 2 décrets et 3 arrêtés posent les cadres structurants de l’exercice en pratique avancée dans le cadre du parcours de soins des patients et du travail en équipe.

La pratique avancée a toujours été sur une ligne de crête entre des acteurs ne souhaitant pas « aller trop loin » et d’autres acteurs considérant que « ce n’est pas assez », et je suis fière de faire partie de cette majorité qui a su concilier les acteurs sur une ligne commune et concrétiser enfin l’IPA, qui est une innovation majeure. C’est d’ailleurs un véritable succès au vu des inscriptions toutes pourvues pour cette année scolaire 2018.

Pour nos professionnels de santé, il s’agit par ces réformes de nouvelles perspectives de carrière, avec l’opportunité d’un mode d’exercice plus autonome et d’une reconnaissance renforcée.

Pour les médecins, c’est une récupération de temps médical avec de nouvelles possibilités de coopération.

Pour les patients, c’est une amélioration de l’accès aux soins, une prise en charge diversifiée.

Et enfin, pour notre système de santé, c’est un renforcement de la coopération entre professionnels au niveau des territoires de santé.

Vous le voyez Monsieur le rapporteur, nous avons déjà commencé à travailler . nous ne pouvons que saluer votre remarquable travail mais nous ne pouvons aussi que constater que nous avons déjà commencé la transformation de notre système de santé et que même nous allons plus loin que toutes vos propositions.

les français méritent mieux qu’un jeu de théâtre où chacun doit tenir son rôle d’opposition et de majorité. Cela ne s’adresse pas à vous particulièrement Monsieur le rapporteur, mais à tout un chacun ici dans l’enceinte de cet hémicycle.

A quoi bon s’acharner à proposer un projet alternatif lorsque l’on est simplement d’accord avec ce qui est proposé. Je ne suis pas en train de dire qu’il faut brimer la voie de l’opposition, bien au contraire, je suis de ceux qui veulent retenir tout ce qui a de bon dans chaque projet, c’est l’essence de notre mouvement.

Soyons tout simplement vrais et constructifs. Car comme vous le dîtes dans votre exposé des motifs « la santé doit nourrir le plus beau des projets politique », et pour cela, elle doit se décharger des logiques politiciennes.

Aussi, je vous invite chers collègues à ne pas soutenir cette proposition de loi.

 

2018-10-12T16:50:03+00:0011 octobre 2018|Proposition de lois, Santé, Désertification|Commentaires fermés sur Intervention lors de la discussion d’une proposition de loi sur l’Avenir de la Santé par Les Républicains