Plan de transformation du système de santé

Qu’est-ce que la crise des hôpitaux ?

Aujourd’hui, selon la cour des comptes, 1/3 du parc hospitalier est dans un endettement excessif. Les dépenses en santé représentent 11% du PIB contre 9% dans les pays de l’OCDE, pourtant le nombre de médecins pour 1000 habitant est inférieur à la moyenne de l’OCDE (3.3 contre 3.4) avec des durées de séjours à l’hôpital supérieures (10 jours contre 7.8 jours).

Les Condition de travail sont cadencées par des rythmes infernaux ; avec en plus un manque d’effectif. Les hôpitaux connaissent une lourdeur administrative avec des professionnels de santé croulant sous la paperasse. Les Gouvernements précédents rabotaient sur les sommes à verser aux hôpitaux mais avec des demandes d’économies en amont.

En bref, on a demandé à l’hôpital de faire la même chose voire d’avantage avec moins.

 

Quel constat ?

 La société a changé, on vit plus longtemps, on est davantage sur des cas de pathologies chroniques, liées au vieillissement. Le système est donc non adapté avec une forte tension d’accès aux soins de surcroît.

Les condition d’exercice conduisent à une perte du sens du métier. Notre système est atomisé, cloisonné, déséquilibré, avec des professionnels de villes isolés, un virage ambulatoire qui peine à se concrétiser, et des modes de rémunérations avec courses à l’activité et à l’acte.

L’hôpital est au bout de ce qu’il peut faire, c’est vrai pour les services d’urgences, la course à l’activité est devenue folle et fait perdre le cap de la qualité. La T2A (tarification à l’activité) connaît effectivement des effets pervers avec orientation de l’activité vers les actes les plus rentables.

 

Quel cap ?

Nous avons choisi de renverser le paradigme pour passer :

  • D’une approche curative à une approche préventive
  • D’une approche quantitative à une approche qualitative

Notre vision est centrée sur une approche de coopération pour répondre à ces nombreux défis avec pour cap la prévention et la qualité des soins pour rester au plus près des patients.

 

Quelles mesures ? 

  1. Construire un système autour du patient pour un accès au plus près des besoins
  • Le numérus clausus sera supprimé par un mode de sélection rénové. L’efficacité ne sera certes pas immédiate. Ces décisions auront un impact d’ici 10 à 15 ans, mais nous devons aujourd’hui actionner tous les leviers. Aussi, dès la rentrée 2020, il n’y aura plus de PACES. Demain tous les étudiants inscrits en licence pourront rejoindre les études de médecine pour grâce aux passerelles interprofessionnelles. Ce n’est pas un renoncement à l’excellence, ce mode de sélection sera plus ouvert, il correspondra mieux à la pratique de la réalité quotidienne.
  • La priorité absolue c’est de regagner du temps médical par la création d’assistants médicaux ; à savoir des professionnels qui assisteront les médecins, qui les déchargeront d’actes simples/ Ils seront là pour combler les zones sous-denses dès 2019.
  • Dès 2019, 400 postes de médecins généralistes entre villes et hôpital seront créés pour lutter contre les déserts médicaux.

 

  1. Un système fluide et coordonné
  • L’exercice coordonné doit devenir une référence par la mise en place de communautés professionnelles territoriales de santé pour inciter les professionnels d’un territoire à travailler ensemble.
  • Développement de l’offre numérique pour partager l’information médicale respectueuse du secret professionnel
  • Développement des outils numériques territoriaux, ce n’est ni une mode ni une lubie, c’est une révolution de la pratique médicale.

 

  1. Un système de qualité des soins
  • T2A à 50 %, donc un système mixte avec une rémunération au forfait
  • Attention aux aides-soignantes pour mieux répondre à leur exercice avec des efforts indemnitaires pour celles qui exercent dans les Ehpads
  • Axer nos financements sur l’innovation en médicaments, nous avons les moyens de devenir les champions de l’intelligence artificielle en médecine
  • 400 millions supplémentaires avec un projet de loi à l’agenda dès 2019

 

Pourquoi réussirions-nous aujourd’hui ?

 Car le niveau de maturité du constat est évident, car le niveau de souffrance est réel et tangible. Il s’agit de construire une transformation en profondeur, pour changer les réflexes et les habitudes.

C’est plus que jamais le bon moment.

2018-09-19T10:59:05+00:0019 septembre 2018|Dossier en cours / Note d'information, Santé, Désertification|Commentaires fermés sur Plan de transformation du système de santé